Mercredi 23 avril 2008


Depuis des siècles, le Japon met l’accent sur l’éducation. À l’époque Edo, il disposait déjà de milliers d’écoles, alors appelées « terakoya ». Face à l’évolution rapide de la société, le gouvernement japonais a établi des lois et des réformes pour forger un système d’éducation approprié. En 1872, l’enseignement primaire devient obligatoire et de nombreuses matières d’enseignement sont créées. Après-guerre, la promulgation de la loi scolaire porte la durée de l’école obligatoire à neuf années. Toutes les réglementations relatives à l’organisation et au fonctionnement du système scolaire sont édictées par le ministère de l’Éducation nationale (monbushô). Le nombre d’heures d’enseignement, les vacances scolaires et le contenu des manuels sont soumis à son approbation. La mise en application de ces réglementations incombe aux comités d’éducation des préfectures et des municipalités. Le système scolaire au Japon est donc majoritairement centralisé et l’autonomie des établissements est limitée. Le système japonais correspond au schéma “6-3-3-4” : six ans pour l’école primaire, trois ans pour le collège comme pour le lycée, et quatre ans pour l’Université. La scolarité est obligatoire jusqu’à l’âge de quinze ans (dernière année du collège). Avant d’entrer en primaire, les enfants de moins de trois ans fréquentent des crèches ou des jardins d’enfants (hoikuen). Plus de 92 % des 4-5 ans vont à la maternelle (yôchien). Les enfants sont donc amenés très jeunes à vivre en communauté. Ils acquièrent ainsi le plus tôt possible des valeurs qui leur permettront de s’intégrer dans la société.

 






















L’école primaire (shôgakkô) Contrairement à la France, l’école primaire dure six ans. La dernière année du primaire au Japon correspond à la première année du collège en France. À la fin de ce cycle, les écoliers doivent maîtriser plusieurs matières, telles que les mathématiques (sansû), les sciences (rika) et le japonais (kokugo), et connaître environ 1 250 kanji (idéogrammes japonais).



Le collège (chûgakkô)
En général, l’entrée au collège se fait sans formalité particulière. Durant ce cycle de trois ans, les élèves étudient, en plus des matières déjà mentionnées, l’anglais (langue difficile à apprendre pour les Japonais, notamment sur le plan de la structure et de la prononciation). Au moment du sotsugyô-shiki, à la fin de la troisième année, une attestation d’études est délivrée aux élèves. Elle ne donne pas forcément un libre accès aux établissements supérieurs, qui sont souvent privés, contrairement à ceux qui relèvent de la scolarité obligatoire (primaire et collège). Les élèves doivent alors passer un examen d’entrée (juken).




Le lycée (kôkô) et l’Université (daigaku)
Le lycée dure trois ans et le premier cycle de l’Université, quatre ans, jusqu’à l’obtention de la licence qui est sanctionnée par la rédaction d’un mémoire. Il existe aussi des universités qui proposent une scolarité s’étalant sur deux ans (tankidaigaku ou tandai). Ensuite, les jeunes diplômés s’engagent, pour une grande majorité, dans la vie professionnelle. Seule une minorité d’étudiants poursuit un deuxième et un troisième cycles.

Les examens d’entrée aux établissements privés L’admission au lycée et à l’Université s’effectue sur concours. Seuls les meilleurs élèves y sont acceptés et une concurrence acharnée règne entre eux. Les établissements sont plus ou moins cotés et leur notoriété joue un rôle important dans l’avenir d’un étudiant. Depuis l’époque Meiji, obtenir le diplôme d’une université réputée détermine largement le futur statut social d’un étudiant et son niveau de prospérité. Certains collèges et écoles primaires privés imposent également un examen d’entrée. Ainsi, dès leur plus jeune âge, les enfants apprennent à fournir une grande charge de travail et la vie d’un écolier ou d’un étudiant japonais se résume à une succession de concours. Mais il existe aussi des établissements spéciaux, également privés, qui regroupent tous les cycles scolaires, de la maternelle à l’Université. L’élève n’a alors besoin de passer qu’un seul examen. L’inconvénient est que ce type d’établissement est extrêmement cher : seules les familles aisées y ont accès.

Après les cours (hôkago) Au Japon, les activités extra-scolaires n’existent quasiment pas. Elles correspondent en fait aux activités pratiquées au sein de l’école. À la rentrée scolaire, les élèves choisissent obligatoirement un club sportif (baseball, football, basket, athlétisme, etc.) ou artistique (théâtre, art plastique, chorale, etc.). Contrairement à la France, le Japon ne dispose pas de clubs de sport municipaux. Les seules occupations extra-scolaires proposées sont, entre autres, la natation et la musique (cours de piano, violon, flûte traversière, etc.). D’ailleurs, ce loisir est fréquemment dispensé sous la forme de cours à domicile. La principale activité qui a lieu après les cours est le ménage ! Les élèves sont chargés de nettoyer les classes car le Japon ne dispose pas d’équipes de nettoyage. Par groupes de deux ou trois, ils font le ménage à tour de rôle. Une fois le ménage terminé, les élèves ne rentrent pas directement chez eux. Ils se rendent à des juku, cours privés qui accueillent les élèves du primaire et du collège et qui dispensent des enseignements complémentaires. Rares sont les enfants qui partent avant 22 h, voire 23 h ! Et ce n’est pas tout : une fois à la maison, ils doivent faire leurs devoirs (donnés à l’école et au juku…). Toutes ces occupations ont un but unique : renforcer l’esprit collectif afin de pouvoir vivre en communauté et s’intégrer au plus vite à la société. Cependant, il faut souligner que ce système compromet parfois l’autonomie et la créativité individuelle des élèves.

Lexique

MONBUSHÔ : ministère de l’Éducation nationale, qui comprend le ministère de la Science et de la Culture (monbukagakushô).

NYÛGAKU-SHIKI : cérémonie de début d’année scolaire. En général, elle a lieu dans le gymnase de chaque établissement. Une estrade est installée pour que le proviseur y fasse son discours et des chaises sont prévues pour les élèves.

RÔNIN : à l’origine, ce mot désignait un samouraï errant et sans maître (soit répudié pour avoir commis une faute, soit se retrouvant sans seigneur, celui-ci étant mort). De nos jours, un rônin est un étudiant qui, à sa sortie du lycée, n’a réussi aucun des concours d’entrée des universités qu’il avait sélectionnées et qui est contraint à une année de flottement. En général, les rônin fréquentent des yobikô.

SANSÛ : de façon spécifique, désigne l’arithmétique, mais renvoie aussi aux mathématiques, dans un sens plus large. À l’école primaire, on emploiera plus volontiers le mot « sansû » pour parler des mathématiques, tandis que pour le collège et le lycée, on utilisera le mot « sûgagu », terme qui comprend l’algèbre et la géométrie.

SOTSUGYÔ-SHIKI : cérémonie de fin d’études. Lorsqu’ils quittent l’école primaire, le collège, le lycée ou l’Université, les Japonais organisent une cérémonie où ils viennent habillés avec soin (kimono pour les filles et costume pour les garçons) et accompagnés de leurs parents. Après le discours du proviseur et des professeurs, les amis se retrouvent pour prendre des photos de groupe, précieux souvenirs de ces années passées ensemble.

TERAKOYA : « écoles de temple » dans lesquelles les moines bouddhistes enseignaient aux enfants la lecture et l’écriture. La création de ces écoles remonte au XIVe siècle. Les filles représentaient à peine le quart des effectifs.

UNDÔKAI : « journée sportive » qui se tient une fois par an dans tous les établissements d’enseignement primaire et secondaire. Des marathons et des courses de relais sont organisés. Les parents viennent encourager leurs enfants.

YOBIKÔ : ce sont des boîtes à concours, des écoles privées qui préparent les lycéens et les rônin aux concours d’entrée des universités. Les cours ont lieu le soir, parallèlement à l’école normale, ou le week-end.

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Dimanche 20 avril 2008




La mode du "Gothic Lolita" ou "Goth-Loli", un peu comme le Visual Kei, ce mouvement tend à contester les valeurs traditionnelles de la société via le rejet de ses modes, ses codes vestimentaires. C'est une individualisation par la différenciation vestimentaire mais aussi par rapport à la rigueur japonaise, notamment en milieu scolaire.

La popularisation du Gothic Lolita doit beaucoup à Moi Même Moitié, la marque de Mana (guitariste d'un groupe de Visual Kei célèbre pour ses tenues féminines), ambassadeur du genre. Plusieurs sous-courants coexistent mais tous ont en commun l'utilisation de jupes, de jupons, de dentelles, de rubans, et d'accessoires (ombrelles, peluches, gants, perruques bouclés...), le tout généralement d'inspiration victorienne.

Cependant les adeptes du look "Gothic Lolita" se défendent de présenter une "objectisation" sexuelle de la femme sous la forme de poupée, mais préfèrent insister plutôt sur le caractère mignon (Kawaii), candide et raffiné des tenues. Tous ces courants vestimentaires importés du Japon commencent progressivement à être intégrés en tant que sous-culture partagée par les fans de mangas et d'animés en Europe. Ce phénomène est à surveiller de près, d'autant plus que rien ne destinait ces courants à ce développer hors de l'archipel nippone.

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Dimanche 20 avril 2008


Le Japon est le pays des modes, notamment vestimentaires. Il existe de nombreuses sous-cultures partagées par des individus ayant les mêmes valeurs et/ ou codes esthétiques. La plupart de ces courants sont endémiques à l'archipel et ne connaissent pas d'équivalents en Europe ou aux Etats-Unis. Cependant, les pays occidentaux sont lagement perméables à ces mouvances japonaises, notamment les jeunes générations, comme le prouve leur popularité  sur internet ou lors de conventions spécialisées dans les mangas, animés et jeux vidéos (Japan Expo,etc.).


Visual Kei, cette appélation désigne un groupe de musique qui porte une attention toute particulière à l'esthétique visuelle. Maquillage voyant, coiffures excentriques, tenues flamboyantes et raffinées... telles sont les caractéristiques des groupes de "Visual Kei" ( abrégé aussi "V-Kei").
Ce mouvement à débuté dans les années 1980 dans la scène du rock indépendant. Parmis tous ces groupes, X-Japan fut le premier à accéder à une reconnaissance au niveau national, et il est considéré comme le précurseur du genre.
Le Visual Kei ne peut être répertorié comme mouvement musical, car les styles sont extrêments disparatres et vont du rock au jazz en passant par la pop et le métal. Ce qui réunit ces groupes, ce sont la qualité de la mise en scène, la recherche d'une identité visuelle ainsi qu'une certaine surenchère dans l'excentricité.
Le public du "V-Kei" est essentiellement féminin, ce qui explique le style androgyne arborépar certains chanteurs. Mana, guitariste du groupe Malice Mizer, et Moi dix Mois est connu pour ses tenues féminines. Il est considéré par ses fans comme le génie ayant lancé la mode des "Gothic Lolitas", que nous aborderons dans un prochain article...

Quelques groupes de Visual Kei :

- Ayabie
- X-Japan
- Dir en Grey
- Dio
- Malice Miser
- Moi dix Mois
- Myavi


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Mercredi 9 avril 2008

La ligne jaune

Au Japon il existe un élément que l'on retrouve partout, une ligne jaune qui divise trottoirs et couloirs des métros, des halls de gares en couloirs à sens unique. Cette ligne, 誘導ブロック [yûdô burokku] qui peut être traduit par "bloc de guidage", sert en fait à indiquer la route aux personnes aveugles et mal-voyantes (d'où la couleur jaune). Contrairement à la France, le Japon a déjà bien avancé pour rendre la ville plus accessible pour les personnes à mobilité réduite. Reste à savoir ce qu'il en est de l'accessibilité du Web...

Ces bandes de signalisation sont en relief : les lignes droites indiquent le parcours de la route à suivre et des points en relief attirent l'attention de la personne. Mais bien trop souvent cette ligne est encombrée par des vélos ou voitures aux abords des stations de métro.

Attention au Japon on marche du côté gauche pour ne pas gêner la trajectoire des salarymen pressés !
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Mercredi 9 avril 2008

Le japonais possède plusieurs dialectes régionaux. Le japonais officiel est le 標準語 [hyoujungo] (littéralement "langue standard"), basé depuis le 17ème siècle sur la langue de Tokyo (ville qui a aussi son propre dialecte). Il est enseigné dans les écoles, utilisé par la presse et dans les documents officiels. La séparation des dialectes se fait entre deux familles : l'Est et l'Ouest. Un des dialectes les plus connus est le 関西弁 [kansai ben] issu de la région de Kansai, dans l'Ouest. Même Osaka (ouest du Japon) a son propre dialecte : 大阪弁 [osaka ben]. Les principales différences entre les dialectes se font sur la pronconciation, les particules de fin de phrases, le vocabulaire et surtout les expressions. Mais rien de bien compliqué à comprendre lorsqu'on a appris le japonais !

Quelques expressions :
- Konnichiwa à l'Est, Maido à l'Ouest pour dire "bonjour"
- Ogenkidesuka à l'Est, Moukarimaka à L'Ouest pour demander "comment ça va ?"
- Genkidesu à l'Est, Bochichidenna à L'Ouest pour répondre "bien"
- Sayonara à l'Est, Hona à L'Ouest pour dire "au revoir"

Quelques particularités d'Osaka :
- la copule da se dit ya
- le suffixe de négation ~nai devient ~nu
- après-demain se dit shi asatte et non pas yano assatte
- desu na devient denna (contraction)

Les dialectes :
- Est
--- Hokkaido
--- Tohoku
--- Kanto (Ibaraki, Tokyo)
--- Tokai-Tosan (Nagano, Nagoya)
--- Hachijo
- Ouest
--- Hokuriku (Toyama, Fukui)
--- Kansai (Banshu, Ise, Osaka, Kyoto, Kobe, Shiga)
--- Chugoku
--- Shikoku
- Kyushu
- Ryukyu

par Vince & Steph publié dans : Culture communauté : Tout sur le Japon
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